
Chantal Goold est enseignante de sciences et de mathématiques dans cette école qui regroupe quelque 200 élèves de la 7e à la 12e année. Elle détient une spécialisation en physique. Bien qu’elle ne soit pas chargée de cours de français et qu’elle ne l’ait jamais été, ses convictions personnelles quant à l’importance de la communication orale et écrite l’amènent à contribuer largement au développement des compétences linguistiques des étudiants de son école. Elle partage avec nous ses réflexions à ce sujet et quelques-unes des stratégies qu’elle utilise, y compris la place qu’occupent dans ses interventions les résultats du TPCL et des autres évaluations de l’OQRE.
Il est important pour moi de bien parler, de parler et d’écrire correctement en français, de bien me présenter en français. C’est ma langue maternelle! Je l’ai à cœur! Je crois qu’il est de mon devoir comme enseignante dans une école de langue française de transmettre cette passion et d’instaurer chez mes élèves cette même conviction profonde.
J’enseigne les cours de sciences et de mathématiques de la 9e à la 12e année. Bien que ce soit à ces niveaux que j’interviens particulièrement en vue de la préparation au TPCL, je crois qu’il est important à tous les niveaux de m’assurer que mes élèves communiquent bien en français.
Je crois fondamentalement que, comme dans la vie, la réussite dans toutes les matières scolaires passe par la maîtrise des habiletés de communication orale et écrite. L’élève doit non seulement développer des habiletés de compréhension de hauts niveaux, mais il doit aussi pouvoir, avec aisance, expliquer oralement et par écrit, les connaissances qu’il acquiert en sciences, en mathématiques ou dans tout autre domaine. Il ne suffit pas simplement d’utiliser les termes spécifiques à une matière ; encore faut-il les utiliser dans des structures compréhensibles, structures qui facilitent le dialogue. Comme enseignante, peu importe la matière que je suis chargée d’enseigner, je dois en être consciente et donc m’habiliter moi-même à reconnaître les lacunes dans le domaine de la communication, et les interventions que je peux faire pour y remédier.
En sciences, c’est facile! Il y a tellement de références à exploiter dans la vie courante. Je n’utilise que des ressources en français. Je trouve des articles pertinents dans les journaux, dans les revues telles que Québec Sciences, et surtout par Internet. Ces textes servent à développer des connaissances scientifiques, mais je les exploite avec mes élèves au moyen de questions et d’exercices du genre de ceux qu’on retrouve dans le TPCL. J’utilise la même stratégie pour aborder les textes des manuels de sciences ou de mathématiques. C’est ainsi que j’apprends moi-même à mieux formuler mes questions et les exercices que je propose aux élèves.
J’ai aussi recours, surtout en début de semestre, à l’enseignement explicite des habiletés que les élèves doivent utiliser pour comprendre, par exemple, un laboratoire, et par la suite, pour communiquer leurs apprentissages à travers le rapport de laboratoire ou des présentations orales ou audiovisuelles, telles PowerPoint. Avec le temps, je me retire graduellement de cette forme d’enseignement pour laisser la possibilité à l’élève de devenir de plus en plus autonome.
Je parle souvent avec mes élèves du pourquoi de toutes mes interventions reliées à leurs compétences linguistiques. Ils connaissent mes convictions personnelles; je les conscientise aux avantages que comporte dans notre milieu la capacité de s’exprimer correctement en français, comme en anglais. En évaluant leurs travaux de sciences et de mathématiques, je ne note pas les erreurs de grammaire ou d’orthographe, mais je leur suggère, au besoin, une habileté linguistique à améliorer telle la structure de phrase. Je transmets aussi ces observations à l’enseignante de français pour que le travail se poursuive Comme nous travaillons dans une petite école, cela nous permet de communiquer très facilement, même informellement, nos observations du progrès et des besoins de chaque élève.
La réussite du TPCL n’est pas uniquement l’affaire de l’enseignant de français. C’est l’affaire de tous les enseignants! Personnellement, je considère que le TPCL n’est pas une fin en soi, bien que l’élève doive le réussir pour obtenir son diplôme. C’est une occasion de motiver nos élèves à améliorer leurs habiletés de communication et de s’en servir partout et pour tout.
Dans notre école, les structures qui appuient la préparation au TPCL comprennent le service d’une enseignante affectée à ce dossier à raison d’un bloc par semestre. Elle travaille avec le comité du TPCL qui regroupe les enseignants de français en 9e et 10e années, la direction et tout autre enseignant qui désire en faire partie. J’en suis, et j’en ai déjà été responsable. Je suis motivée par ma conviction de la nécessité d’aider mes élèves à bien communiquer pour réussir dans les matières dont j’ai la charge. Le comité se rencontre en moyenne une fois par mois. Son travail, sur une base continue, consiste à cerner les besoins de chaque élève dans le domaine des compétences linguistiques, à mettre en place les interventions nécessaires pour son amélioration et à revoir le progrès de chacun.
En plus d’analyser les données qui nous sont fournies par l’OQRE avec les résultats du TPCL, ce comité se charge, en début de 9e année, d’établir le profil de chaque élève à partir de diverses sources. Nous avons la chance, pour cette tâche, de pouvoir collaborer étroitement avec nos collègues du cycle intermédiaire. En 7e et 8e années, les enseignants administrent des tests basés sur les critères du TPCL qu’on peut retrouver sur le site de l’OQRE. Le profil comprend les renseignements fournis par ces tests en plus des résultats des évaluations de l’OQRE en 3e et en 6e année. Nous faisons aussi nos propres évaluations au moyen de tests-maison basés sur les anciens tests du TPCL. Ceci nous permet de placer nos élèves de façon à pouvoir personnaliser les interventions. Ces analyses nous permettent aussi de constater, de façon plus générale, que nous devons viser à améliorer chez notre clientèle étudiante les habiletés de compréhension en lecture.
L’enseignante affectée au TPCL travaille avec les élèves et avec les enseignants. Elle rencontre chacun des élèves individuellement pour discuter de ses forces et des améliorations à apporter, et elle établit un contact avec les parents pour les tenir au courant du progrès de l’élève et leur fournir des moyens à prendre pour l’aider. Elle développe pour les enseignants et pour les parents des ressources qui visent les habiletés spécifiques à développer. Avec chaque enseignant de matières autres que le français, elle élabore des tâches du domaine des compétences linguistiques qu’il peut utiliser dans ses cours. Elle fait également de l’accompagnement pédagogique en vue des mêmes objectifs dans les classes de 7e et 8e années.
Nos résultats au TPCL s’améliorent, et se sont améliorés de façon importante l’an dernier. Toutefois, notre objectif n’est pas uniquement d’assurer le même taux de réussite chaque année. Parce que notre école est petite, les résultats peuvent varier considérablement d’une année à l’autre. Notre objectif reste le même: amener chacun de nos élèves à comprendre et mieux s’exprimer correctement en français, à l’oral et par écrit.
Nous remarquons aussi que nos élèves développent une attitude plus positive par rapport au TPCL. Ils semblent être plus confiants en leurs capacités de le réussir. Ils n’hésitent pas à demander conseil, non seulement aux enseignants de français, mais aussi à d’autres enseignants avec lesquels ils se sentent plus à l’aise. Je retrouve au cycle supérieur des étudiants qui s’expriment aisément en français alors qu’ils ne le faisaient que très peu à leur entrée au secondaire.
Il y a cheminement. Nous ne sommes pas encore convaincus à 100 % mais nous n’en sommes pas loin. Il est clair que, comme enseignante ou enseignant d’une matière autre que le français, il peut sembler qu’une tâche reliée à la préparation au TPCL, même si elle correspond à ma matière, empiète sur le temps dont je dispose pour « couvrir mon programme ». Au début, nous avons eu des réticences. Il est normal que certains aient besoin d’être accompagnés dans ce cheminement. Mais quand on constate que les élèves savent que nous sommes tous en mesure de les guider vers l’amélioration de leurs compétences linguistiques, le changement devient facile. Nous reconnaissons que, comme enseignants, nous sommes tous communicateurs et donc tous enseignants de communication.